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Structure d’une notice d’utilisation d’équipement

Une notice décrit une machine à quelqu’un qui ne la connaît pas encore. Ce qu’elle contient dépend de la machine ; ce qui ne change pas, c’est la forme du document et les questions auxquelles il doit répondre.

À qui la notice s’adresse

Trois personnes ouvrent la même notice, et elles n’y cherchent pas la même chose.

L’opérateur qui s’en sert chaque jour ne la lit plus. Il y revient pour un point précis, et il veut le retrouver sans relire le reste.

Le remplaçant la lit pour la première fois, souvent un jour où quelqu’un manque. Il ne connaît ni la machine ni les habitudes de la maison, et tout ce qui est sous-entendu lui échappe.

Le technicien cherche autre chose encore : ce qui se démonte, ce qui a été modifié depuis l’installation. Il saute la plus grande partie du document pour aller à sa section.

Une notice qui ne pense qu’au premier échoue avec les deux autres. Et c’est le remplaçant qui révèle si elle est bonne : l’opérateur comble les trous sans s’en apercevoir, le technicien a son métier pour le faire. Le remplaçant n’a que le texte, et ce qu’il ne comprend pas est exactement ce qui manque.

Les sections qu’on y trouve

On trouve généralement neuf sections, et chacune sert à établir une chose.

L’identification établit de quelle machine on parle : nom d’usage, modèle, numéro, emplacement. C’est elle qui évite qu’une notice serve pour la machine d’à côté.

Le domaine d’application et les limites d’usage établissent ce que la machine est faite pour traiter, et ce qu’elle ne l’est pas. La seconde moitié est celle qu’on oublie d’écrire, et celle qu’on vient chercher après coup.

Les caractéristiques établissent ce qu’il faut savoir pour installer, alimenter et entretenir la machine. On ne les lit jamais en entier : on y revient pour une seule ligne.

Les zones dangereuses établissent où se trouvent les endroits qui demandent une attention particulière, et à quel moment. La section situe ; ce qu’on y fait relève de vos propres procédures.

Les équipements de protection établissent ce qui est prévu pour travailler sur cette machine, et qui le fournit. La notice indique ce qui existe, sans remplacer la règle que l’organisation se donne.

La mise en marche établit dans quel état la machine se trouve avant de démarrer, et qui est autorisé à le faire.

L’arrêt établit la différence entre les façons d’arrêter la machine : celle de fin de quart, celle qui précède une intervention, celle d’une situation qui tourne mal. Les confondre est une source d’erreur ordinaire.

L’entretien courant établit ce qui revient à l’équipe et ce qui revient au fournisseur, et à quel rythme. C’est la section qui vieillit le plus vite.

L’historique des révisions établit ce qui a changé, quand, et à la demande de qui. C’est la section la plus courte, et la plus regardée le jour où l’on cherche ce que la notice disait à une date donnée.

Ce qui distingue une notice d’une procédure

La procédure décrit une tâche. La notice décrit une machine. La distinction paraît évidente écrite ainsi, et elle se perd dès qu’on rédige.

Une notice sert à plusieurs tâches : produire, régler, nettoyer, dépanner. Une procédure sert à une seule, et peut concerner plusieurs machines. La procédure de nettoyage couvre tout un secteur ; la notice de l’un de ces équipements couvre toutes les façons de s’en servir.

Les confondre produit l’un de deux défauts. Soit une notice qui tente de décrire chaque tâche et devient un manuel que personne n’ouvre. Soit une procédure qui recopie les caractéristiques de la machine, et devient fausse dès que la machine change.

La notice qui part avec le produit

Jusqu’ici, la notice reste chez vous. Il existe un second cas, et il change la nature du problème.

Un fabricant livre une notice avec ce qu’il vend : une machine, un meuble à assembler, un appareil. Le document quitte l’atelier dans la boîte, et vit chez un client qu’on ne reverra peut-être jamais, dans un tiroir, pendant des années.

La question de version est la même. La façon de la corriger ne l’est pas. Une feuille affichée au poste se remplace : quelqu’un la décroche et en accroche une autre. Un feuillet parti dans les boîtes ne se remplace pas. On ne rappelle pas des colis déjà livrés pour une phrase ambiguë.

Les deux vies de la noticeDeux situations mènent à la même référence. Au poste de travail, la notice est affichée, sous les yeux, remplaçable en une feuille. Partie avec le produit, elle est dans la boîte, chez un client, et plus rien n’est à remplacer. Dans le premier cas on remplace la feuille, dans le second le code imprimé y mène. Les deux pointent vers la version en vigueur : datée, publiée, vérifiable.Au poste de travailaffichée, sous les yeuxremplaçable en une feuillePartie avec le produitdans la boîte, chez un clientplus rien à remplaceron remplace la feuillele code imprimé y mèneLa version en vigueurdatée, publiée, vérifiable
Le document circule, la référence ne bouge pas.

Ce qui reste possible, c’est de tenir à jour la version que le client peut consulter. Le feuillet imprimé garde son erreur ; la version consultable se corrige. Le document parti dans la boîte devient une porte d’entrée vers un document tenu à jour.

La notice n’est qu’un des documents qu’un fabricant fait circuler, à côté des manuels, des fiches techniques et des procédures d’atelier. L’ensemble est décrit dans la page NOTIMA pour les manufacturiers.

Le code imprimé sur la notice

Un code imprimé sur le feuillet ou sur l’emballage mène à la version en vigueur. C’est un geste avant d’être un dispositif : le client approche son téléphone du carré imprimé, et il arrive sur le document.

Deux situations en tirent parti. Celle du client qui a perdu le feuillet : il retrouve le document sans écrire à quiconque. Et celle du client qui l’a sous les yeux mais qui doute : il compare ce qu’il tient et ce que la page affiche.

La seconde est la plus utile, parce qu’elle ne repose pas sur votre parole : le client constate lui-même. Ce qu’on peut établir ainsi, et ce qu’il faut avoir mis en place pour que la vérification tienne, est décrit dans la page Prouver quelle version d’une procédure était en vigueur.

La révision d’une notice

Une notice ne se périme pas toute seule. Elle se périme quand la machine change.

Un accessoire ajouté, une pièce qui change de référence, un carter remplacé, un mode désactivé après un incident : chaque modification rend une partie de la notice fausse. Rarement la totalité, et c’est là le problème. Une notice entièrement fausse se remarque. Une notice juste presque partout se lit avec confiance jusqu’à la ligne qui ne l’est plus.

Le déclencheur n’est donc pas seulement une échéance de calendrier, c’est un événement. Une notice qu’on relit à date fixe, mais qu’on ne touche pas le jour où la machine change, reste fausse pendant tout l’intervalle. La tenue de l’ensemble est traitée dans la page Maîtrise des documents.

Par où commencer si rien n’existe

Partez de la documentation du fabricant plutôt que d’une page blanche. Elle existe presque toujours, elle est souvent incomplète pour votre usage, et elle vous épargne une bonne part du travail.

Faites relire par quelqu’un qui n’a jamais utilisé la machine. Celui qui s’en sert chaque jour lit ce qu’il sait déjà ; celui qui la découvre lit ce qui est écrit, et il bute là où le remplaçant butera.

Datez et numérotez dès la première version. Version 1, date, nom de celui qui a validé. Vous n’aurez pas à le reconstituer plus tard.

Notez ce qui manque plutôt que d’attendre d’avoir tout. Une notice incomplète mais datée, accompagnée de la liste des sections à écrire, sert davantage qu’une notice complète qui n’existe pas encore.

Ces conseils portent sur la démarche documentaire : par quoi commencer, qui relit, comment dater, quoi noter. Le contenu technique de la notice, les caractéristiques, les zones dangereuses, les modes de fonctionnement, relève de votre service technique ou du fabricant de l’équipement. Cette page ne le remplace pas.

Ce qu’il faut retenir

Une notice a deux vies. Celle qui reste dans l’atelier, qu’on corrige en décrochant une feuille. Et celle qui part dans la boîte, qu’on ne rattrape pas, et dont la seule correction possible est la version que le client peut aller consulter.

NOTIMA sert à tenir chaque notice avec sa version, sa date et sa preuve de publication, pour que celle qu’on consulte soit celle qui est en vigueur.

La même question de structure se pose pour un autre document d’atelier, avec des contraintes différentes, dans la page Structure d’une procédure de cadenassage.